DU COFFRE... SOUS LE CAPOT
En plein renouvellement de gamme, Audi instaure un nouveau design qui rompt avec le classicisme des précédentes générations. La nouvelle A3 Sportback introduit la marque sur le segment des petits break haut de gamme et complète ainsi la gamme A3, jusqu'alors proposée uniquement en 3 portes. En prime, la Sportback inaugure le nouveau 2.0 FSI Turbo de 200 ch, appellé à animer prochainement la Golf V GTI. Nous voici donc en face d'un break qui ne devrait pas manquer de coffre...
Audi imprime un nouvel élan à la classe des compactes d'exception, catégorie que la marque domine unanimement depuis la première génération d'A3. Fidèle à sa devancière, la seconde génération d'A3 se caractérise toujours par son élégance, ses motorisations performantes et sa traction intégrale permanente. Par ailleurs, on savait déjà la marque championne de l'utilitaire haut de gamme à très grande vitesse (cf. Audi RS2, RS4 et RS6) et seule l'A3 ne pouvait prétendre à ce statut, faute de déclinaison break. Elargissant le concept à une clientèle exigeant plus d'espace l'A3 Sportback conjugue donc désormais dynamisme et aspects pratiques pour l'entrée de gamme Audi. Notez qu'elle ne s'appelle pas A3 "Avant", une appellation sans doute jugée trop peu en accord avec le positionnement marketing. Commercialisée en pré-vente depuis juillet 2004, la petite Audi arrive sur nos routes à l'occasion de cette rentrée 2004 et ne devrait pas manquer de faire des émules chez ses rivales si le succès est au rendez-vous.
DESIGN
L'Audi A3 Sportback emprunte sciemment une nouvelle voie, tout à fait personnelle, dans la classe des compactes. Sur un marché récent, les breaks compacts, la petite Audi se positionne, comme à l'habitude, en véritable haut de gamme. Fidèle à l'esprit de famille, elle possède les qualités dynamiques de la version 3 portes avec laquelle elle partage ses motorisation et son châssis, rallongé de 68 mm à l'arrière sur un empattement identique. Elle offre toutefois, en plus, 2 portes arrière et un surcroît d'espace et de modularité. L'A3 Sportback se reconnaît aussi au premier coup d'oeil. D'autant plus que, contrairement à la version 3 portes, sa face avant ne fait pas vraiment dans la discrétion. Un changement d'orientation stylistique que certains jugent pour le moins brutal. La massive calandre monobloc "singleframe", renforcée par un entourage chromé s'impose donc ici, après avoir contaminé l'A8 W12 et la nouvelle A6. Le caractère saillant de la ligne latérale et la découpe dynamique des blocs optiques en verre transparent confèrent aux traits de son «visage» un caractère offensif, désormais typique de la marque. Latéralement, la silhouette s'aplatissant progressivement vers l'arrière tente de singer un coupé, comme le fait, de façon très réussie, un autre "utilitaire de sport" : le break Alfa Romeo Sportwagon. Pas vraiment étonnant quand on sait que c'est le même Walter Da Silva, anciennement chez Alfa, qui oeuvre désormais chez VAG. Les arches de roues à l'arrondi bien marqué inspirent une musculature bien développée et l'ensemble conserve un style fondamentalement germanique. Grâce à la simplicité de ses lignes et à la répartition graphique de ses surfaces, la poupe adopte des feux d'un dessin inédit et produit un effet certain. Les deux embouts d'échappement visibles indiquent par ailleurs la présence d'une motorisation plus musclée que sur les versions de base. Au final, quoiqu'on en dise et aussi subjectifs puissent être ces impressions, en matière de design la dernière génération de véhicules Audi inspire en effet plus de dynamisme. Et devant cette légère exubérance, on finit rapidement par ne pas regretter la sobriété esthétique, un peu pataude, des anciens modèles. Source de réconfort pour nous, l'habitacle de l'A3 Sportback conjugue plus harmonieusement encore, dynamisme et élégance. Petit bémol toutefois concernant la nouvelle génération de volants Audi qui fait également sa première apparition dans la classe des compactes. Les volants, à 3 ou à 4 branches, rappellent le design de la calandre monobloc. Si vous n'aimez pas la-dite calandre, nul doute que ce volant vous paraîtra tout aussi affreux. La qualité des matériaux utilisés marque un léger retrait, c'est étonnant et décevant, mais heureusement, la perfection des finitions s'étend toujours dans le moindre détail. De plus, fer de lance de la marque, l'ergonomie bien pensée se traduit par une position de conduite très agréable. La position assise plus basse et la console centrale rappellent un peu le coupé TT, autre symbole de sportivité. Enfin, les places arrières demeurent assez peu accueillantes pour les jambes, mais les 20 l supplémentaires de chargement par rapport à l'A3 3 portes parviennent finalement à justifier l'intérêt de ce break compact.
MOTEUR
Vous l'avez compris, la principale source d'intérêt pour nous se situe donc sous le capot de l'Audi A3 Sportback TFSI. Le break compact Audi étrenne en effet, en première mondiale pour un moteur de série, la combinaison de l'injection directe d'essence à la suralimentation par turbocompresseur, un mariage technologique qui a largement fait ses preuves en remportant, notamment, l'édition 2004 des 24 Heures du Mans sous le capot de l'Audi R8. Dans ce moteur, les injecteurs sont alimentés par une rampe commune, connectée à une pompe haute pression elle-même actionnée par l'arbre à cames d'admission. Le dosage de l'injection s'effectue à la milliseconde près et la pression atteint jusqu'à 110 bars (contre 4 bars de pression maxi dans un moteur classique). L'injection s'effectue directement dans les chambres de combustion par les injecteurs implantés entre les soupapes d'admission. Le nouveau moteur TFSI est dérivé du moteur FSI 2.0 atmosphérique avec lequel il partage la culasse à 16 soupapes (et non 20 comme le 1.8T), l'équipage mobile et les cotes principales. D'une cylindrée de 1 984 cm3, obtenue par un alésage de 82,5mm et une course de 92,8 mm, il s'en distingue cependant par de nombreux éléments conçus pour supporter les contraintes dynamiques et thermiques plus fortes auxquelles il est soumis. Ainsi, son bloc est coulé en fonte à graphite lamellaire GG25, un matériau qui fait preuve d'une extrême résistance à la pression et d'un excellent comportement acoustique et vibratoire, renforcé par l'action de deux arbres d'équilibrage controrotatifs situés en partie basse du carter cylindre. La tubulure d'admission du 2.0 TFSI est réalisée dans un matériau plastique de haute technologie. Elle intègre les volets Tumble, actionnés par un motoréducteur travaillant en continu afin d'appliquer au flux d'air admis un tourbillonnement optimisé en fonction du régime et de la charge. A cet effet, dans la culasse, la géométrie des conduits d'admission a été modifiée afin de produire un tourbillonnement plus important. Le mélange carburé est injecté dans les chambres à l'état homogène, ce qui constitue une différence importante par rapport au moteur 2.0 FSI atmosphérique. Le rapport volumétrique (10,5:1) de ce moteur turbocompressé par un KKK K03 soufflant à 1,7 bar de pression absolue, est au niveau des meilleurs moteurs atmosphériques. Ainsi, la cylindrée ne s'est accrue que de 10 % par rapport au précédent moteur 1.8T tandis que le couple affiche une hausse de 20 % à 280 Nm disponibles de 1800 tr/mn à 5000 tr/mn. Cette constance assure une conduite plus détendue, plus souple et plus économique ainsi qu'une disponibilité permanente et instantanée. L'A3 Sportback 2.0 TFSI dispose d'une puissance de 200 ch de 5 100 à 6 000 tr/mn et peut atteindre 236 km/h. Elle fait montre d'une souplesse qui s'exprime en chiffres : en quatrième, pour une typique manoeuvre de dépassement, il ne lui faut que 5,4s pour passer de 60 à 120 km/h. Pour le même exercice, l'ancienne A3 1.8T réclamait 6,8s. Elle atteint 100 km/h en 7,1s et, preuve de l'excellente conception du moteur qui doit tout de même trainer plus de 1400 Kg, l'Audi A3 Sportback 2.0 TFSI ne consomme que 7,7 L/100 km avec la boîte de vitesses DSG (contre 8,9 en Quattro). L'A3 Sportback 2.0 TFSI est en effet disponible en deux versions de transmission : traction avant, avec boîte séquentielle DSG ou quattro, avec boîte manuelle à six rapports.
CHASSIS
Sans surprise, le comportement routier de la nouvelle Audi A3 Sportback est très proche de celui de l'A3 3 portes avec laquelle elle partage l'ensemble des éléments de son châssis. L'A3 Sportback bénéficie en effet des qualités de la nouvelle plate-forme dotée de trains roulants évolués. Les suspensions sont fixées sur des sous-structures (en aluminium à l'avant) qui participent à l'extrême rigidité de la coque. À l'avant, les jambes de force (Mc Pherson) sont articulées sur de larges triangles inférieurs. À l'arrière, la précision est assurée de chaque côté par trois bras transversaux et un tirant longitudinal. Le contrôle vertical des roues indépendantes est assuré par les amortisseurs à grands débattements, séparés des ressorts hélicoïdaux. Plusieurs éléments exploitent et complètent efficacement le travail rigoureux des suspensions. Les roues de 17" chaussées de larges pneus à flancs bas (225/45) améliorent aussi le roulis de la voiture tout en permettant le montage d'un puissance système de freinage doté de 4 disques. L'A3 Sportback bénéficie en outre de la direction électromécanique avec assistance asservie à la vitesse en fonction de nombreuses données (couple appliqué au volant, vitesse de braquage, vitesse du véhicule, etc...). De cette façon, outre le fait qu'en ligne droite sa consommation d'énergie est quasi nulle, sa force d'assistance s'adapte en fonction des besoins, plus importante lors des manoeuvres au ralenti qu'à grandes vitesses. Autre "avantage" de la direction électromécanique Audi, le débraquage des roues est assuré par le moteur électrique, ce que l'on appelle le rappel actif. Une simulation qui demeure toutefois très artificielle dans sa perception au volant. Exploitant cette fonction, les ingénieurs ont conçu une direction non réversible : le pignon d'attaque peut entraîner la crémaillère, l'inverse n'est mécaniquement pas possible. Ainsi, quel que soit l'état de la chaussée, quelle que soit la monte pneumatique et quels que soient les efforts d'accélération ou de freinage, les roues gardent leur cap, aucun braquage induit n'est possible, la trajectoire est imperturbable. Ce guidage permet de plus aux systèmes ESP et ABS d'intervenir avec plus de précision. Le programme électronique de stabilisation ESP de dernière génération intègre les fonctions ABS (antiblocage), EBV (répartition), ASR (antipatinage), MSR (régulation du couple de freinage moteur), et EDS (blocage de différentiel). Comme l'A4, l'A3 Sportback est équipée d'un amplificateur de freinage de type "Dual Rate" (à 2 niveaux), qui modifie le rapport d'assistance en fonction de l'urgence du freinage. L'ensemble de ses trains roulants évolués confèrent à l'Audi Sportback 2.0 TFSI, Quattro ou non, un haut niveau de stabilité, conforme aux critères de la marque mais aussi, et ça c'est nouveau, une agilité d'un certain plaisir de conduite.
CONCLUSION
Sans prétentions réellement sportives, l'Audi A3 Sportback distille un certain plaisir de conduite et un très bon niveau de confort, de sécurité et de performances, un cocktail cher à la marque aux anneaux. Le coffre généreux de son moteur TFSI, et de son arrière de break, sont par ailleurs des raisons suffisantes pour s'intéresser sérieusement à cette version 5 portes de l'A3.
CARACTERISTIQUES TECHNIQUES AUDI A3-SPORTBACK 2.0 TFSI
MOTEUR
Type: 4 cylindres en ligne, 16 soupapes avec admission variable
Position: Transversal AV
Alimentation: Gestion électronique Bosch Motronic MED 9.1, injection directe multipoint + turbocompresseur KKK K03 (1,7 bars)
Cylindrée (cm3): 1 984
Alésage x course (mm): 82,5 x 92,8
Puissance maxi (ch à tr/mn): 200 de 5 100 à 6 000
Puissance spécifique (ch/L): 100,8
Couple maxi (Nm à tr/mn): 280 de 1 800 à 5 000
Couple spécifique (Nm/L): 141,12
TRANSMISSION
Intégrale (Quattro)
Boîte de vitesses (rapports): 6 manuelle
POIDS
Données constructeur (kg): 1 470
Rapport poids/puissance (kg/ch): 5,71
ROUES
Freins Av-Ar (ø mm): Disques ventilés / disques, + ABS avec EBV
Pneus Av-Ar: 225/45 ZR 17
PERFORMANCES
Vitesse maxi (km/h): 234
1 000 m DA: ND
0 à 100 km/h: 7,1"
CONSOMMATION
Moyenne (L/100 Km): 8,9